Qui n’a jamais trouvé le rayon vide au moment où on cherchait un produit en particulier? C’est parfois rageant. C’est surtout des ventes manquées pour un producteur. Les ruptures de stock sont l’un des défis les plus concrets du commerce en circuit court. De l’autre côté, les producteurs locaux peinent parfois à anticiper les quantités dont leurs points de livraison ont besoin. Si les stocks sont trop importants, le gaspillage alimentaire guette. Et s’ils sont chiches, des clients repartiront déçus.
C’est de ce constat qu’est né Smarterroir, un projet de recherche appliquée mené avec la Haute école d’ingénierie et de gestion vaudoise (HEIG-VD) et la Haute École d’ingénierie et d’architecture de Fribourg (HEIA-FR), avec le soutien d‘Innosuisse, l’agence fédérale pour l’encouragement de l’innovation. Le but du projet, lancé en janvier 2026, est de développer un algorithme capable d’anticiper les besoins en réapprovisionnement des épiceries. Il y parviendra en croisant des données quantitatives (issues de sept ans de transactions, soit plus de 400’000 passages en caisse) avec des signaux qualitatifs en temps réel, comme la météo, les événements locaux, les retours des clients ou les informations remontées par les fournisseurs par le biais de notre application.
« Le projet Smarterroir nous permettra de mettre entre les mains des agriculteurs la technologie la plus aboutie du moment. »
Sylvain Favre, cofondateur de La Petite Épicerie
Concrètement, l’objectif est qu’un maraîcher puisse savoir, avant même de charger sa camionnette, ce dont l’épicerie qu’il livre a besoin ce jour-là, à la salade près. Moins de surplus, moins de manques, moins de gaspillage.
Vous avez contribué à ce projet
Pour que ce projet ambitieux colle à la réalité du terrain, on vous a sollicité en mars. Un sondage a été envoyé à nos clients pour affiner les données utiles à la recherche. Plus de 500 réponses ont été reçues, on vous remercie du fond du cœur! Ces retours permettent aux chercheurs de travailler sur des problèmes concrets et documentés, directement issus du quotidien des épiceries. Notre équipe est aussi allée à la rencontre de producteurs, afin de récolter aussi leur expérience pour enrichir le futur algorithme.
Smarterroir, présenté dans le journal Le Nord Vaudois, se poursuivra jusqu’en juin 2027. L’ambition est de réduire de moitié le gaspillage alimentaire dans nos points de vente, en améliorant la disponibilité des produits. C’est l’intelligence collective au service du terroir local: une technologie qui ne remplace pas le savoir-faire humain, mais qui simplifie le travail de nos collaborateurs au quotidien.
